La peur du jugement

Pas de document de synthèse aujourd’hui, avec 19 intervenants et 25 évocations, il n’y a pas assez de matière pour en faire une analyse. Ça peut rester en l’état, car je rappelle qu’il n’y a aucune obligation de participation, mais si tu veux que le MasterMind d’hier aboutisse à un atelier d’auto-coaching, tu peux me livrer ta phrase (ou tes phrases) aujourd’hui et je ferai ce travail demain. En revanche, si mercredi je n’ai pas assez de matière, je lâcherai prise, considérant que ce sujet n’est pas pertinent.

En d’autres termes, si tu ne lâches pas prise, je lâcherai prise…

Mais quelle est donc cette prise, voire cette emprise qui t’empêcherait de lâcher un commentaire ? Je vais essayer d’avancer une hypothèse :

La peur du jugement

Cela fait 3 fois que je souligne le fait que je donne des consignes simples, et qu’elles ne sont pas respectées. Je constate qu’à chaque fois que je fais la remarque, il y a des défections (massives). Le nombre de lecteurs ne chute pas, c’est le nombre de participations qui souffre. Nous sommes passés d’environ 70 participations au début du programme à moins de 30 cette dernière semaine. C’est beaucoup !

Du coup je me te pose une question : lorsque tu lis que tu ne respectes pas la consigne est-ce que ça t’affecte ? Est-ce que tu le prends comme un reproche ?… Non seulement j’ai cette impression lorsque je lis les commentaires qui essaient de se défendre (parfois en me disant que c’est moi qui n’ai pas été assez précis), mais j’ai reçu 2 messages par mail qui vont dans ce sens. Messages que j’aurais aimé commenter collectivement, mais leurs auteurs préfèrent garder l’anonymat, de PEUR d’être taxés de «négatifs». Encore une peur d’être mal jugé…

J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle :

La mauvaise d’abord

A moins que tu ne deviennes le nouveau Dalaï Lama, la peur du jugement ne te lâchera jamais ! Il est possible que le jugement de certaines personnes ne t’affecte plus, mais d’autres juges apparaîtront à qui tu donneras de l’importance. Il est également possible que la façon dont les jugements seront formulés te paraisse plus acceptables l’année prochaine que l’année dernière. Mais il y aura toujours quelque chose de gênant dans la remarque…

A présent la bonne nouvelle

Tout ça ne t’empêchera pas d’avancer. Tu peux parfaitement vivre avec ! Et surtout, si tu constates que les personnes qui t’affectent ne sont plus les mêmes ou que la formulation a changé, cela signifie que tu as évolué, progressé, atteint de nouveaux jalons. On peut prendre un exemple simple : si les jugements de ton collègue de bureau ne t’affectent plus, mais ceux de ton chef de service te touchent de plus en plus, cela signifie que tu as dépassé le niveau de ton collègue de bureau et que tu te rapproches de plus en plus du niveau de ton chef de service. Tu peux postuler pour un poste supérieur !

Je sais que je fais souvent de l’humour et que ce que je viens de dire peut prêter à sourire, mais c’est vrai : tu es affecté à ton niveau ! Si tes critiques changent, c’est très bon signe : tu as changé de niveau ! Idem en ce qui concerne la formulation : si tu ressens qu’il y a davantage de douceur dans les mots, si tu sens que ton interlocuteur fait un effort pour ne pas te blesser, ça veut dire que tu as évolué ! Sinon, tu ne ressentirais que de  l’embarras et éventuellement de la colère, de l’humiliation et de la culpabilité…

C’est pour cette raison qu’à chaque fois qu’une personne me dit «Je ne peux pas faire ça même si j’en ai très envie, parce que Machin-Truc va me dire ceci et cela», je réponds systématiquement :

Tu es ton premier juge !

C’est une évidence, car le jugement est présent avant l’action. Tu présumes que Machin-Truc te dira des choses désagréables, et même si tu as raison, tant que tu n’as pas agi, le jugement que tu portes sur ton action vient de ton monde intérieur. Donc c’est toi qui te juge, et c’est pour cette raison que ton intention initiale restera dans ton monde intérieur… Au lieu de passer à l’action et d’être jugé par Machin-Truc, tu vas tergiverser en étant jugé par toi-même… Il est même possible que ce jugement te fasse honte ou te culpabilise, ce qui est le comble puisque tu n’as rien fait ! Seulement voilà : tu y a pensé…

Il y a 10 ans, lorsqu’on me critiquait, j’y voyais de mauvaises intentions. Aujourd’hui, je vois un appel à l’aide. Quel est le résultat sur ma vie ? Je peux passer à l’action plus facilement : si une personne me critique, ça me fera l’occasion de l’aider à mieux comprendre le sens profond de mon action, et comme je rends certaines critiques publiques, ça peut aider des centaines de personnes ! Il m’arrive parfois de faire des choses POUR être critiqué ! Et dans ce cas aussi je suis mon premier juge, puisque j’anticipe la critique et j’envisage le message d’aide qui en découlera avant même que le premier critique ne se soit exprimé. Imagine ma déception lorsque tout ce que je concevais comme critiques intérieurement ne se réalise pas extérieurement… Et ça m’arrive de plus en plus souvent.

On dit que la peur d’un problème provoque le problème. Avant j’avais peur d’être critiqué, et ça ne manquait jamais ! Aujourd’hui, j’ai peur de ne pas être critiqué, et bingo !

Un peu d’eau dans la «consigne»

Lorsque j’ai annoncé que la consigne n’était pas respectée, j’ai précisé que si nous étions dans une Formation, certaines interventions vaudraient 2/20 ! Mais comme nous ne sommes pas dans une Formation, mais dans un Coaching, ces «erreurs» ont du Sens ! L’article s’intitule «Il y a du Sens là-dessous» et il n’est pas ironique.

Ce Sens, notre mission est d’aller le chercher ! Il est même possible que la solution à beaucoup de tes problèmes soient révélés par ces erreurs pleines de Sens. Il n’est donc pas question d’avoir de bonnes notes, mais de faire de son mieux, et s’il y a des erreurs, de s’en servir comme outils de révélation et non comme outils d’humiliation. Je sais que ce n’est pas très «scolaire» comme approche, mais mon approche n’est pas scolaire. Si tu prends ce programme pour une Formation, tout ce que je dis à propos du non-respect des consignes doit frapper comme le maillet d’un juge sur un tas. Si tu prends mon humour pour de la moquerie, j’imagine ton désarroi face à mon article bonus d’hier…

Oublie ça ! Fais des erreurs (pas exprès évidemment), et on en parle ! Si tu as pris une formule Premium et qu’à chaque MasterMind tu as «tapé à côté» de la consigne, on peut commencer par ça !

Enfin, pour en revenir à la peur du jugement, j’ai une question à te poser :

Comment se fait-il que tu aies peur d’être jugé sur le non-respect de la consigne, alors que tu n’as pas peur d’être jugé pour ta non-participation ?

Et plus généralement (puisque ce programme n’est qu’une métaphore qui illustre ta vie), comment se fait-il que tu aies peur des conséquences de ton action, alors que tu n’as pas peur des conséquences de ton inaction ?

Je ne suis pas en reste

Depuis le début de ce programme, j’ai «peur» de publier les replays de mes webinaires. La raison est simple : je porte un jugement sur ces replays. C’est un jugement à mon niveau : il y a 5 ans, je ne m’exprimais que par écrit, je n’avais pas encore la possibilité de porter un jugement sur mon travail actuel… J’ai évolué dans ma vie et j’ai forcément évolué dans mes jugements. Ça ne me quitte pas. A bien y réfléchir, cette «peur» est complètement infondée, et le retard que j’ai pris est ridicule ! Je suis mon premier juge, toujours et encore… Je vais donc publier les Replays, et écrire une bafouille sur mon jugement intérieur, non pour me justifier, mais pour livrer un article bonus sur ma «peur» du moment.

Comment je sais que je ne me justifie pas ?

C’est très simple : l’article bonus sera livré à TOUS les participants de ce programme et il servira d’illustration sur l’absurdité de mon inaction, rappelant le fait que je suis l’unique juge et donc l’unique responsable de ce retard. Si je voulais me confondre en justifications, j’écrirais quelques excuses bidons aux 4 ou 5 personnes qui m’ont sollicité, j’inventerai des «empêcheurs», et je ne rendrais surtout pas l’affaire publique, de peur d’être encore jugé sur mes biais, ma procrastination, mon manque de proactivité… Alors qu’en fait, pour en arriver là, j’ai acquis un sacré niveau !

Alors tu sais quoi ? Je te propose d’en faire autant : ne justifie pas la raison pour laquelle tu n’as pas posté un commentaire hier. On gagnera bien plus de temps si tu le faisais aujourd’hui, au bon endroit, c’est à dire sous l’article intitulé :

«Si j’étais / Si j’avais…»

Et après, si tu en as envie, tu peux commenter l’article de ce jour ci-dessous :

Posted in Semaine 7

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19 COMMENTS

Béné - posted on 13/03/2018 13:13

Voilà un sujet qui m’intéresse énormément, j’ai hâte de lire les réflexions qui vont en sortir. Cela m’aidera à coup sûr pour lever cette peur du jugement chez mes élèves…

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Fred - posted on 13/03/2018 16:26

Chez mes enfants, j’essaye de remplacer la peur du jugement par l’attente de critique.

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Patricia - posted on 13/03/2018 14:11

Ça me parle tellement
Je suis du genre à ne pas supporter les jugements en général et à me surveiller aussi mais là bingo.
Je réalise que je m  » auto juge  » assez pour me freiner dans ma propre évolution et effectivement cela pousse à l inaction .
Heu … va falloir faire quelque chose 🤔
Merci

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Daniele - posted on 13/03/2018 14:21

J’ai tendance à foncer sans aucune crainte du jugement dans la vie pro contrairement à la vie perso. Avec l expérience, ds le monde pro, je pèse qd même l’impact possible des jugements sur mes projets. Dans ma vie perso peut être peur de forcer ou déranger
plutôt que jugement d ailleurs 😞. Ou un côté jour, un côté nuit ?

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Anne - posted on 13/03/2018 15:05

La peur de la critique entraine la critique
la peur de …déclenche l’action appréhendée.
La peur d’être abandonnée, la peur de ne pas réussir etc, etc.
mais je peux justement prendre conscience de ma responsabilité dans mes craintes et déployer en conséquences toutes les techniques pour aller de l’avant. pour changer de niveau en positivant ou du moins en relativisant .

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Fred - posted on 13/03/2018 16:38

Je sors d’une réunion que j’ai organisée pour trouver une solution. Le participant principal a commencé par refuser l’invitation par peur d’être accablé par nos accusations (mon chef était également invité). Il m’a fallu lui expliquer que sans son témoignage, la réunion n’aurait aucun sens. Au final, nous avons un plan d’action consistant à exposer, de façon « neutre », le problème à toute la communauté concernée et de leur présenter une solution simple. Si je vous dit que la « raison » se présente sous la forme « j’ai pas le temps » et qu’elle conduit à multiplier le temps requis par 5, y voyez-vous une appropriation d’un sujet évoqué plus tôt dans ce coaching?

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catherine - posted on 13/03/2018 17:37

Si j’avais plus de facilité à faire des choix, je pourrais répondre plus rapidement aux mastermind

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jean-louis autissier - posted on 13/03/2018 20:44

La Peur du jugement m’a souvent accompagné de par une certaine susceptibilité …mais maintenant depuis mes 60 ans je me dis que je ne risque rien tant au plan professionnel que personnel et que je peux oser aller de l’avant ;parfois une minuscule voix m’autojuge mais je fais le necessaire pour ne pas la laisser se developper !
en fait c’est l’adulte qui est en nous qui prend d’une certaine façon le dessus sur l’enfant qui est aussi en nous et qui a peur de mal faire ou de ne pas être « dans le moule » attendu par les differents educateurs que sont les parents ,enseignants etc..

merci Stephane de me ,nous faire reflechir ainsi!!

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Michel M - posted on 13/03/2018 21:27

Le jugement des autres n’est qu’une forme de reconnaissance ; le jugement le plus sévère est le début d’autre chose pour peu que j’accepte de l’entendre et de le transformer en énergie soit pour changer de position si les arguments me paressent opportuns soit pour affirmer ma position. Pour moi l’indifférence est une arme bien plus redoutable que le jugement.

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Mélina - posted on 13/03/2018 22:49

Wahou….
Je viens de prendre conscience d’une belle évolution. Depuis aujourd’hui je suis désignée mandataire à la personne pour un mandat de protection future. Lors du premier rendez-vous chez le notaire avec la future mandante et et la mandataire judiciaire qui sera nommée pour les biens, je n’osais pas beaucoup parler, j’avais peur de dire des âneries. Aujourd’hui j’étais à l’aise ( alors que c’était le jour des signatures) et j’ai pu intervenir sereinement et sans peur du jugement

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CHRISTELLE - posted on 14/03/2018 09:55

si j’étais suffisamment avancée dans mon projet « aller vers’, je pourrai réaliser sereinement que nous en sommes à la 7e et dernière semaine de coaching.

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CHRISTELLE - posted on 14/03/2018 09:58

je « pourrais »! et non le futur… à moins que ce ne soit un lapsus révélateur des attentes pour la dernière semaine (futur porche)

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Fred - posted on 15/03/2018 00:10

Future Porsche?

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CHRISTELLE - posted on 14/03/2018 09:57

si j’avais pris l’habitude de regarder tous les mails que j’attends sans les laisser passer de 3 à 5 jours avant de les lire, je pourrai remercier le programme « aller vers » qui tend à sa fin

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CHRISTELLE - posted on 14/03/2018 10:00

si j’étais devenue autonome et avais retrouvé toute mon énergie essentielle pour « aller vers », je pourrai accepter d’arrêter bientôt de me faire accompagner

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Ileana - posted on 15/03/2018 22:22

Waouh ! Je crois que je vais afficher la phrase “ comment se fait-il que tu aies peur des conséquences de ton action, alors que tu n’as pas peur des conséquences de ton inaction ? “
J’aimerais trouver et faire un concours d’archi avec mon agence mais je procrastine car j’ai peur. Peur d’être le chef, de mener l’equipe sur un projet raté, d’etre jugée sur cela. Du coup je m’empêche de le faire. Je suis mon premier critique et je me sabote moi-même.
Cet article est un appel à me réveiller et à oser. Merci Stéphane.

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JOSE - posted on 15/03/2018 23:38

Oui. Si gagner est l’objectif d’un concours, le chemin qui y mène peut être porteur d’enrichissement, aussi bien individuel que pour l’équipe. Il est d’ailleurs évident qu’on ne peut pas garantir le succès lorsqu’on vise la première place à un concours : il y a les autres concurrents! 😉 Mais on peut amener son équipe à se dépasser, à créer, innover, s’entraider, etc…
Et puis, dernier réconfort, il reste toujours Lao Tseu : » l’échec est le fondement de la réussite ».

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JOSE - posted on 15/03/2018 23:39

J’oubliais : en plus ça peut marcher! 🙂

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Lise - posted on 18/03/2018 08:59

L’article du Master mind, be m’a pas mis en faute mais plus au défi de faire la phrase parfaite en respectant la consigne, cela m’a incité à participer. Et cette attitude me ressemble bien…
Par contre cette peur du jugement est très forte avec ma famille que je refuse de voir depuis quelque temps car j’ai peur justement… Merci de mettre le doigt dessus.

Aussi je m’arrête aussi sur le fait que le programme serait le reflet de notre vie… Effectivement depuis le début de l’année je ne vis pas ma vie, je n’ais plus de projets, plus de pensées tout est en pointillé… Et aujourd’hui même je pense à lire e les articles de la semaine, je suis en train de sortir de ma torpeur j’y crois. Et je vais me délecter des articles suivant.

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